Voila un moment que cela me titille mais cette fois-ci c%u2019est decide je pars a l assaut du Damavand, ce volcan qui culmine a 5671m d%u2019altitude. Je prends ma decision du jour au lendemain, j%u2019avais d%u2019abord l%u2019intention de prendre une route qui contourne le Damavand juste pour le voir et ensuite me rendre sur les plages de la mer Caspienne mais c%u2019est trop bete, il est juste la a portee de main, la tentation est trop grande.
Farshad (le docteur) me prete ses habits de montagne a savoir un gros blouson et des gants, c%u2019est un peu juste comme equipement mais c%u2019est toujours mieux que rien. Je lui pose alors mille questions sur la montagne auxquelles il se fait un plaisir de repondre, sa derniere ascension date d%u2019il y a 7 ans donc les informations ne sont pas toutes fraiches. Une chose est sure, les principaux dangers sont le mauvais temps et l%u2019altitude, la meteo est totalement imprevisible et le temps change constament, il faut bien sur partir avec quelqu%u2019un qui connait parfaitement la montagne.
Le lendemain matin j%u2019enfile mon sac a dos et je commence ma journee par une bonne petite marche jusqu%u2019a la station de metro la plus proche, la ville de Teheran est immense et les lignes de metro sont rares, rallier le Terminal Est duquel je dois partir releve de l%u2019expedition, il me faut alors parcourir quelques stations de metro puis marcher encore jusqu%u2019a une route d%u2019ou les taxis peuvent me mener au Terminal (ici les taxis ne te menent pas directement a l%u2019endroit ou tu veux aller, ils font un certain parcours et c%u2019est a toi de sauter de taxi en taxi a chaque carrefour pour arriver au lieu souhaite). Il m%u2019en coutera 2,5 dollars pour parcourir la soixantaine de km qui nous separent de Rineh, le village d%u2019ou commence l%u2019aventure.
Le bus a bien du mal a progresser sur ces routes de montagne qui montent tres vite en altitude, on roule a une vitesse desesperante. Apres 2 heures de route peut etre au detour d%u2019un virage je decouvre enfin le volcan, il impose le respect d%u2019entrée de jeu. Le sommet recouvert de neige, la tete dans les nuages, il domine le pays du haut de ses 5671m, je me demande si je ne me suis pas surestime, vu d%u2019ici cela parait impossible.
Je descends a Rineh, en peine montagne, j%u2019ai l%u2019intention de passer la nuit au refuge du village mais allez savoir pourquoi celui-ci est ferme. Au bord de la route un type dans un pick-up me fait signe de venir, Mustafa me tend sa carte de visite, son métier consiste a conduire ceux qui tentent le Damavand jusqu%u2019au Gousfand Sara ( la maison des moutons), le 2eme refuge situe a 3000m environ, il m%u2019explique qu%u2019il doit conduire un groupe de 4 Iraniens ce soir et que c%u2019est pour moi l%u2019opportunite de monter au refuge. J%u2019achete quelques provisions pour la montagne et un long moment plus tard le groupe arrive enfin. Ali, Morteza, Behfar et Saber me font l%u2019accueil Iranien classique, je fais desormais parti du groupe.
Le refuge est a une heure environ en 4x4, je fais connaissance avec les membres de groupe qui sont tous plus ou moins ingenieurs donc parlent un Anglais tres correct. Mustafa me sort un cahier ou tous ses passagers ont laisse un petit mot depuis ces 9 dernieres annees, je trouve la trace de quelques rares compatriotes et surtout j%u2019apprends une bien mauvaise nouvelle, les etrangers doivent payer 50 dollars pour tenter le sommet. Sachant que je suis parti avec moins de 40 dollars pour ces trois jours les choses se compliquent d%u2019un coup mais je sais qu%u2019ici tout est possible et je decide de continuer, Farshad m%u2019a dit bien des fois que j avais beaucoup de chance, on va bien voir.
Une heure de secousses plus tard nous atteignons enfin le refuge, il fait nuit noire et la temperature est deja plus fraiche a 3000 m d%u2019altitude. L%u2019endroit porte bien son nom car le refuge consiste en un petit batiment au sol betonne avec absoument rien a l%u2019interieur, on s%u2019installe dans un angle, les couvertures delimitent notre territoire. Mon duvet ultra light fait bien peur a Ali, notre leader qui me pretent gracieusement une polaire salvatrice. Behfar vient m%u2019annoncer qu%u2019il y a un autre Francais au camps, il faut qu j%u2019aille le voir. Le pauvre type est tres en colere, il ecrit une lettre de protestation car il s%u2019est fait vire comme un malpropre du camp numero 3 situe vers 4000m, il m%u2019explique qu%u2019il n%u2019a pas voulu payer les 50 dollars, je commence a serieusement douter. Je decide d%u2019exposer mon probleme au reste du groupe, ils me dissent de ne pas m%u2019en faire, on trouvera une solution le moment venu, ils sont deja prets a se cotiser pour me donner l%u2019argent manquant avec interdiction de rembourser, je prefererais une autre solution mais bon on verra bien demain.
L%u2019ambiance au refuge est chaleureuse, il n%u2019y a plus un cm carre de libre , ceux qui arrivent trop tard doivent dormir dans leur tente. C%u2019est l%u2019heure de manger, les rechauds sortent d%u2019on ne sait ou avec une bonne quantite de victuailles que tout le monde partage, on m%u2019interdit bien sur de sortir ma nourriture, le the coule a flots, tout le monde est content de parler avec le petit Francais. Vers 22h les frontales commencent a s%u2019eteindre et la %u201C Maison des moutons%u201D sombre dans le noir complet. La nuit est fraiche et le beton pas tres moelleux mais je dors tout de meme quelques heures, c%u2019est une prouesse dans ces conditions.
Le lendemain matin la plupart ds gens sont deja partis quand nous decidons de lever le camps, après un petit dejeuner (pas trop copieux car aujourd%u2019hui nous commencons a monter en altitude) nous bouclons nos sacs et Ali decide de faire monter les 2 sacs les plus lourds avec les mules qui font regulierement le trajet entre le Gousfand Sara et le camp numero 3, pour ma part je monterai avec mon sac a dos, je n%u2019ai deja pas assez d%u2019argent pour payer les 50dollars%u2026
Nous demarrons sur le petit chemin qui serpente vers le camp numero 3 situe a 4000m d%u2019altitude, nous marchons tranquilement pour preserver nos forces, de toute facon nous avons tout notre temps pour parcourir ces 1000m de denivele. Nous passons devant des rochers celebres pour leur forme d%u2019animaux en tous genres, de l%u2019aigle a la tortue en passant par le poulet. Il nous faut 4 heures environ pour rallier le camp, le sac se fait serieusement sentir sur le fin.
On est en debut d%u2019apres-midi et le refuge est deja plein, je me trouve une petite place sur le sol derriere la porte, je trouve l%u2019endroit tout juste assez grand pour 2 personnes, finalement nous serons 4 a dormir ici, dans le sens horizontal avec les jambes replies car il n%u2019y a pas assez de place, le reste du groupe dormira sous la tente, mon duvet ultra light ne me permet pas d%u2019affronter un tel froid. En ce qui concerne les 50 dollars le groupe tente d%u2019abord de me faire passer pour un Iranien, tout le monde m%u2019appele Ali mais les ficelles sont trop grosses et nous sommes vites demasques, un jeune abruti vient me recclamer l%u2019argent, je ne peux pas lui donner et il me somme aussitot de redescendre, devant l%u2019opposition du groupe tout entire il part chercher le manager du camp. Il revient quelaues instants plus tard avec un type plus age qui sauté dans les bras d%u2019Ali, c%u2019est un de ses vieux amis de montagne, effectivement j%u2019ai beaucoup de chance. Je suis invite dans leur tente avec Ali, on boit du the, on mange des biscuits et après une longue discussion on part sur un prix de 25 dollars, soit 50% de reduction, il me fait bien comprendre que c%u2019est exceptionnel, que je suis le 1er et surement le dernier et surtout il me prie de ne le dire a aucun autre etrangers, la nouvelle pourrait circuler.
En fin d%u2019apres-midi nous partons pour une marche d%u2019acclimatation en altitude, Ali veut mettre toutes les chances de notre cote. Pour ceux qui ne sont pas au courrant l%u2019altitude et le manqué d%u2019oxygene provoquent de nomreux troubles que l%u2019on appele generalement le mal des montagnes et qui se traduit la plupart du temps par des maux de tete ou des vomissements, des troubles beaucoup plus graves peuvent egalement se produire, c%u2019est pourquoi il faut monter en altitude par etapes et en merchant tres doucement. Pour le Damavand, l%u2019ideal est de passer 2 nuits en montagne comme nous l%u2019avons fait, pour s%u2019habituer progressivement a l%u2019altitude. Mes 2 dernieres ascensions a 3500 et 4000 me sont tres benefiques, la forme phisyque est un point tres important pour la reussite du sommet et j%u2019ai la chance d%u2019avoir 2 mois de marche derriere moi, d%u2019une part j%u2019ai de bonnes jambes et d%u2019autre part je ne crains plus les ampoules, cependant je me suis ouvert le gros orteil quelques jours auparavant et j%u2019ai peur d%u2019en souffrir a la descente, au passage j%u2019ai un rhume qui me tiens depuis plusieurs jours et qui ne fait qu%u2019empirer ma respiration. On monte jusqu%u2019a 4500m environ, j%u2019ai un peu mal au ventre mais tout va bien, les 1ers flacons de neige commencent a tomber, il fait frais, le soleil tombe tout doucement derriere les montagnes, il est temps de rentrer.
Au camp tout le monde veut m%u2019offrir a manger, l%u2019intention est bonne mais a cette altitude il faut faire attention a la nourriture, je prefer diner avec mon groupe et notament Ali qui sait ce qu%u2019il faut manger et en quelle quantite pour ne pas etre malade, ce midi je n%u2019ai pas fait attention et mon estomac m%u2019a montre tout a l%u2019heure qu%u2019il faudra etre prudent a l%u2019avenir. Donc pour le diner nous mangeons peu et buvons du the, ils me font manger des citrons entier pour mon ventre. Vers 22h je quitte la tented u groupe pour aller me coucher dans le refuge semi cylindrique qui est completement blinde, a l%u2019endroit ou nous etions 2 a faire la sieste tout a l%u2019heure se trouve maintenant 4 duvets. Perilleux passage aux toilettes a la lueur d%u2019une lampe qui va s%u2019eteindre dans quelques minutes avec risque de chute dans la fosse et que tu aimerais bien une troisieme main pour tenir la lampe, pour info ici le PQ n%u2019existe pas, on se nettoie avec de l%u2019eau, c%u2019est agreable a 4000m avec de l%u2019eau qui provient directement du glacier. Bref j%u2019enfile mon sous-pull, ma chemise, mon pull, ma polaire, mes 2 pantalons et 2 paires de chausettes pour passer la nuit. Il y a des gens qui entrent et qui sortent sans arret et comme je dors au pied d%u2019un %u201Clit%u201D ou plutot de quelques planches de bois ou des gens essayent de dormir j%u2019ai tendance a me faire ecraser tres regulierement, pour arranger la situation je dors avec le nez a proximite d%u2019une bonne dizaine de chaussures de marche. Mais je suis tellement fatigue que je parviens tout de meme a dormir 3 bonnes heures, je me reveille tres regulierement avec un bon mal de crane, c%u2019est le moment ideal pour penser au lendemain et je doute de plus en plus de mes capacities a atteindre le sommet.
Vers 2h du matin les frontales commencent a s%u2019allumer, les plus matinaux partent en pleine nuit pour atteindre le sommet au lever du jour, au passage ils reveillent tout le monde, remarque personne ne dort. Je suis reveille definitivement par les doux gargouillis d%u2019un type qui vomi non loin de moi, il est 4 h environ, le groupe se reunit pour le petit dejeuner, je constate que dans la tente voisine les estomacs se sont aussi libere du surplus, c%u2019est tres agreable au reveil. Dans le refuge il ne faisait pas chaud mais dans la tente il a du faire vraiment froid, il a neige pendant la nuit. Ali me confie avoir eu des maux de tete toute la nuit lui aussi, ca me rassure un peu. Puis il me damande si je veux toujours tenter le sommet, il me rappele que c%u2019est tres dangereux et ne manqué pas de me mentionne ces 2 iraniens qui sont mort de froid perdu dans une tempete de neige la semaine derniere, je vois bien qu%u2019il doute un peu de moi et qu%u2019il ne veut me faire prendre aucun risques. Mais je suis bien decide a essayer, a present je me sens en plein forme et maintenant que je suis monte jusqu%u2019ici et que j%u2019ai paye mes 25 dollars!! Se serait trop bete de redescendre. Hier le sommet etait inaccessible pour cause de tempete, ce matin le temps parait plus clement mais tout peut changer d%u2019un instant a l%u2019autre. Notre petit dejeuner est tres leger et tres sucre, je suis partage entrel%u2019envie de manger pour prendre des force et la peur d%u2019avoir des problemes d%u2019estomac si je mange trop, j%u2019essaie de trouver un juste milieu.
A 5h30 le groupe est prêt au depart, on a sorti les blousonset les gants et on s%u2019est enduit la figure de crème solaire, cette fois-ci ca y est c%u2019est le grand jour. Nous partons tous les 5 sur le meme chemin que nous empruntions hier encore pour notre acclimatation mais cette fois-ci on ne s%u2019arretera pas a 4500m, il nous faut monter a 5671m soit environ 1600m de denivele en haute altitude, ce qui n%u2019est pas rien. Nous nous forcons a marcher le plus doucement possible, Ali rallenti le rythme un maximum, nous faisons des efforts de respiration pour compenser le manque d%u2019oxygene. Apres une heure de marche a peine les rochers commencent a etre recouvert de neige, la piste caillouteuse devient plus abrupte, on utilise les mains de plus en plus souvent, certains passage deviennent perilleux a cause de la neige, un pied qui glisse sur la neige et c%u2019est la chute assuree dans les rochers, je prefere ne pas y penser et je mets mes pas dans ceux de mon predecesseur en m%u2019aggripant au rochers comme je peux. Apres un moment d%u2019effort intense nous arrivons a la chute d%u2019eau gelee qui marque la barre des 5000m, nous avons depasse le Mont Blanc. Une petite pause photo et on repart a la quete de notre sommet, nous marchons toujours dans les rochers, le sol est completement gele, je redouble de prudence a chaque passage dangereux. Puis le temps se couvre, les nuages nous rattrapent et la neige commence a tomber, on sort les capuches et on se protege le visage comme on peut avec masque et echarpes. Nous montons encore un peu et une odeur de souffre vient nous chatouiller les narines, de grandes colonnes de fumee s%u2019echappent du sol, comme si la respiration n%u2019etait pas assez difficile comme ca, heureusement le vent emporte le plus gros des fumees toxiques dans l%u2019autre sens. Nous devons etre a 5500m maintenant, il neige toujours, une epaisse couche blanche recouvre le sol, fini les rochers et les cailloux, tout est blanc, il n%u2019y a plus de chemin, nous suivons les traces laissees par ceux qui nous ont precedes. La piste est affreusement raide, chaque pas devient un effort enorme, je ne pense plus a rien, j%u2019ai les yeux fixes sur les chaussures d%u2019Ali juste devant moi, tout est blanc, le ciel, le sol, je ne vois plus que ces chaussures que je m%u2019eforce de suivre, advancer un pied, respirer, advancer l%u2019autre pied, respirer encore, je n%u2019ai jamais avance aussi lentement de ma vie et pourtant je n%u2019ai jamais ete autant epuise. Apres un laps de temps indefinissable je releve enfin la tete et j%u2019apercois comme par miracle ces quelques rochers qui forment le sommet, c%u2019est tout prêt, on y est Presque, nous faisons nos derniers efforts et nous voila tous les 5 au sommet du Damavand, tout le monde s%u2019embrasse et se felicite, c%u2019est tres rare qu%u2019un groupe tout entier arrive au sommet, il y a toujours au moins une personne qui fait demi-tour, nous sommes fiers de nous. Mes cils et mes sourcils ont commence a geler, il fait vraiment tres froid, on prend quelques photos tres rapidement car c%u2019est assez risqué d%u2019enlever les gants et il faut deja redescendre, nous sommes restes mois d%u2019un quart d%u2019heure au sommet.
Je pensais avoir vu le plus dur en atteignant le sommet, j%u2019etais bien loin de me douter que cette 1ere demi heure de descente serait bien plus eprouvante et dangereuse que l%u2019aller. Nous avons quitter le sommet depuis 5 minutes environ quand d%u2019un seul coup la tempete se dechaine, la neige vient fouetter nos visage, le vent nous glace totalement, en quelques minutes mes lunettes sont completement gelees, je ne sais que faire, si je m%u2019arrete pour les enlever je force tout le groupe a s%u2019arreter mais je ne peux pourtant pas continuer ainsi, c%u2019est trop dangereux. J%u2019ai une paire de gants en laine plus une paire de moufle, si je veux enlever mes lunettes il me faut retirer les deux epaisseurs. Jen e vois plus rien, je m%u2019arrete et retire mes gants cote droit, je range mes lunettes dans ma poche et j%u2019entends deja Befhar derriere moi qui me crie de ne pas rester sur place, si on ne veut pas geler ici. C%u2019est alors que m%u2019arrive la chose la plus stupide qui soit, une bourasque de vent m%u2019arrache la moufle que je tenais plus ou moins bien de la main gauche, en quelques secondes elle disparait dans cet enfer blanc, je la regarde partir impuissant. Le temps de mettre mes lunettes dans la poche et ma main a deja gelee, je renfile mon gant en laine mais il est loin d%u2019etre assez chaud pour de telles conditions. Ali n%u2019est plus qu%u2019une vague silhouette devant moi que je m%u2019efforce de suivre, c%u2019est le seul qui connaisse la montagne et je n%u2019ai d%u2019eutres choix que de lui faire confiance, je ne sais pas comment il se dirige mais il parait sur de lui, je fais tous les efforts possible pour le suivre, il fait vraiment trop froid, le vent arrive maintenant de la droite, je quitte ma moufle pour l%u2019enfiler a la main droite qui en a plus besoin, mon oreille commence a geler sous le bonnet, je bouge mes doigts dans tous les sens pour tenter de les rechauffer, ma moufle passe de main droite a main gauche regulierement. On marche ainsi pendant 30 minutes peut etre a tenter de se ptoteger du froid par tous les moyens, c%u2019est a ce moment la evidement que la pensee des 2 alpinistes mort de froids dans une tempete me revient a l%u2019esprit, nous marchons vite et la tempete se calme tout doucement au fur et a mesure que nous descendons. Quand la neige cesse enfin de tomber on s%u2019accorde une pause pour se remettre de nos emotions, les autres avouent avoir eu peur eux aussi, seul Ali qui a deja gravi le volcan 6 fois est reste confiant, c%u2019est d%u2019ailleurs grace a lui si nous sommes ici en securite, il nous sort un thermos de the que l%u2019on apprecie particulierement a ce moment, on se rechauffe tout doucement, mes doigts finissent par revenir. On continue alors la descente, nous enfonssant dans la neige jusqu%u2019aux mollets, on glisse de temps en temps mais tout va bien le soleil est revenue. Pour desendre on emprunte un chemin parallele a celui de la montee, ce serait beaucoup trop dangereux de passer dans les rochers si glissant en descendant et de plus ce chemin qui porte le nom de %u201Cski sur la terre%u201D epargne considerablement nos genoux, en effet c%u2019est un mélange de terre et de cailloux dans lequel on s%u2019elance et on se laisse glisser, parfois sur plusieurs metres, en plus d%u2019etre rapide et sans danger le principe est tres amusant, on tombe regulieremet sur les fesses dans la terre, cela fait du bien de s%u2019amuser un peu après ces moments difficiles.
Quelques heures plus tard nous arrivons au camp numero 3 ou l%u2019on peut enfin se reposer un peu, les autres members du groupes m%u2019avouent avoir ete deconcerte par la facilite ( apparente) avec laquelle je suis monte au sommet et tout le monde est etonne que je n%u2019ai absolument pas souffert du mal des montagnes entre 4000 et le sommet alors qu%u2019ils avaient quasiment tous des maux de tete. Mon mal de tete revient alors que je fais une rapide sieste, il faut croire que je ne supporte pas d%u2019etre a 4000m d%u2019alitude, plus ou moins ca va mais pas 4000%u2026 Nous sommes au refuge mais cependant la journee n%u2019est pas finie, il nous faut encore descendre jusqu%u2019au Gousfand Sara 1000m plus bas. On rassemble les affaires, on charge les sacs et c%u2019est reparti pour 3 heures de marche, l%u2019effort devient tres dur, avec le poids du sac en plus les genoux n%u2019en sont que plus maltraites. Heureusement les paysages sont sublimes et on peut enfin en profiter, on realise qu%u2019a l%u2019ascension on a surtout vu nos pieds%u2026 Puis le ciel se couvre a nouveau, enfin le ciel qui se trouve plus bas que nous car les nuages montent dans notre direction a une allure incroyable, on a tout juste les temps de ressortir les capuches que l%u2019on s%u2019en reprends une bonne sur la tete. L%u2019averse est de courte duree, le temps joue au yoyo, on marche de temps en temps dans un brouillard dense puis le ciel se degage pendant un quart d%u2019heure et on profite du panorama avant la prochaine nuee. Le soleil commence a decliner a l%u2019horizon, on a tout le temps d%u2019assister a son coucher. Histoire de pimenter un peu la fin de l%u2019histoire nous arrivons au refuge de nuit a la lumiere de la lune. Ali est tres fier de nous et de lui, son groupe est arrive au sommet, au camp les gens me felicitent, c%u2019est toujours le meme ritual ou ceux qui y vont croisent ceux qui y sont alle, les information sur la meteo circulent, on se souhaite bonne chance.
Puis on retrouve Mustafa dans un pick-up qui nous redescsend jusqu%u2019au village, nous sommes dans le coffre a l%u2019air libre, il fait frais, nous nous faisons secouer sous la pleine lune, c%u2019est un moment magique, nous avons reussi.
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