De Darwin a Alice Spring en stop

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Australie - Northern Territory
de Alex, le 07-02-2008

De Darwin a Alice Spring en stop

Le 05/12/2007

22h , DARWIN, NORTHERN TERRITORY, AUSTRALIA

L’avion pose ses roues sur le tarmac, il fait deja nuit et comme d’habitude je n’ai nulle part ou aller, il est bien trop tard pour se rendre en ville et trouver une auberge, un « backpacker » comme on dit ici. J’ai repere un coin de moquette dans le hall de l’aeroport, ça fera bien l’affaire pour ce soir. Je demande à la fille du bureau d’information si je peux m’installer, « no worries » me repond elle, fait comme chez toi. Je retrouve une Canadienne qui etait dans mon avion, elle attend une correspondance pour le lendemain, on s’installe ensemble le long d’un mur. Certes, l’aeroport n’est pas tres calme mais je passe tout de meme une bonne nuit.
Le jour est deja leve quand je me reveille. Je prends un ticket de bus en demandant que l’on m’arrete au bord de l’autoroute où j’ai l’intention de faire de l’auto-stop. Le bus roule en direction de Darwin mais il s’arrete bien vite pour me deposer au bord de la route, j’ai paye ce qui me parait etre une fortune pour seulement 10 minutes de bus, j’avais perdu l’habitude de depenser de l’argent… L’endroit est ce qu’il y a de pire pour un auto-stoppeur : une route rapide avec un trottoir de chaque cote, donc absolument aucun endroit pour arreter les voitures, d’autre part je ne sais pas si le stop fonctionne en Australie, ni meme si c’est autorise. J’ai entendu parler d’un type qui a tue un bon paquet de stoppeurs dans le Queensland, suite a cela le stop avait ete interdit dans cet etat, qu’en est-il aujourd’hui ?
Je n’ai d’autre choix que de marcher au bord de la route, ça n’en fini pas, je suis toujours plus ou moins en ville et pas le moindre endroit correct en vue. J’aperçois deux asiatiques arretes dans une voiture au bord de la route, je leur demande si ils peuvent me sortir de la ville, ils acceptent sans problemes.
Me voila maintenant dans une station service, le ciel est menaçant et la pluie ne tarde pas à tomber, bien sur personne ne s’arrete quand il pleut. J’attrape un bus qui passe par là, il me conduit au bled suivant à 2 km à peine. Il me faut marcher encore et toujours pour rejoindre l’autoroute,il ne pleut plus, c’est toujours ça. Je tends mon pouce tout en marchant, au cas ou. Une voiture ne tarde pas à s’arreter, une vraie epave, on ne distingue plus la couleur d’origine sous l’epaisseur de poussiere rouge, le sable des pistes surement. Un petit vieux en sort et vient m’ouvrir le coffre, cela ressemble affreusement à un tas d’ordures que l’on aurait recouvert de sable, mon sac n’est peut etre pas ce qu’il y a de plus propre mais j’ai tout de meme du mal à le poser la-dedans. Je decouvre ensuite l’interieur de la voiture, la banquette arriere est habitee par un enorme chien qui parait beaucoup m’apprecier, il ne se lasse pas de me baver dessus, au sable viennent donc s’ajouter les poils de chien. Je sens quelque chose qui roule sous mes pieds, le sol est jonche de cannettes de biere. Une vieille femme est assise cote passager, separee de son mari par une glaciere remplie de biere. C’est dans cette situation que nous demarrons, mari et femme sirotant chacun une biere, boire et conduire, ils ont choisi… Je ne comprends pas grand-chose à ce qu’ils me racontent mais je crois saisir qu’ils s’arretent quelques km plus loin pour acheter à manger au monstre qui leur sert de chien, effectivement nous nous arretons rapidement, a mon grand soulagement. Ils me posent au bord de la route et me disent qu’ils repasseront bientôt, ils me prendront au passage si je suis encore là. Panique à bord, plus qu’un seul objectif : partir d’ici le plus vite possible : je n’ai aucune envie de remonter avec ces deux tares.
Je suis plutot chanceux car une voiture s’arrete assez vite, cette foi-ci deux papys sont à bord. La voiture est encore sale et toute pourrie, les vieux sont un peu bizarre mais au moins ils roulent droit, ils peuvent me conduire sur 300 km environ ce qui n’est pas si mal. Pendant le trajet ils me racontent toutes sortes d’histoires incroyables, l’accent australien etant tres prononce je ne comprends quasiment rien, surtout avec la radio à fond et les fenetres ouvertes. Nous touchons presque au but lorsqu’un pneu eclate. Le papy s’arrete, descend de la voiture et commence à danser au milieu de la route, pas si clairs que ça les vieux !! Ils demontent la roue et je leur remonte la roue de secours, le soleil tape tres dur en Australie, il brule sans pitie. Nous arrivons enfin à la petite ville paumee où ils habitent, ils me donnent de l’eau et me souhaite bonne chance, ils repasserons plus tard et si je suis encore là je pourrai aller dormir chez eux.
L’apres-midi touche à sa fin mais le soleil brule encore, j’attends en pleine chaleur, la route n’est pas tres frequentee et les quelques voitures qui passent ne s’arretent pas. Puis brusquement un break fait demi-tour juste apres m’avoir depasse, il revient pour me prendre. Le chauffeur se rend à Alice Spring, une ville au cœur de l’Australie en plein desert à plus de 1 000 km d’ici, c’est une chance de faire toute cette distance d’un coup. C’est bien ma veine je tombe cette fois sur un handicappe, il a les mains qui tremblent horriblement, pour mettre la clef dans le contact il est oblige de saisir son poignet droit avec sa main gauche pour le stabiliser mais ça n’a pas l’air de lui poser de problemes pour conduire. Il a un leger defaut de prononciation donc je ne comprends strictement rien de ce qu’il me dit. Je pensais que l’on roulerait jusqu’à Alice Spring d’une traite pendant la nuit mais le voila qui s’arrete apres une centaine de km à peine. Nous rentrons dans un motel et il demande une chambre pour deux personnes, je n’ai vraiment pas envie de passer la nuit à cote de ce type, je trouve suspect qu’il s’arrete si tot pour dormir et il a une tete qui ne me revient pas, il fait peur. Je prefere continuer ma route en stop, je le remercie et recupere mon sac. Nous sommes dans un petit village peuple d’aborigenes, au beau milieu de nulle part, la nuit commence à tomber et il n’y a pas une voiture qui passe sur cette route. J’attends longtemps mais personne ne vient, il faut bien me resigner à passer la nuit ici. Alors que j’enfile mon sac j’aperçois mon chauffeur qui vient à ma rencontre, il me propose de passer la nuit dans sa chambre en precisant bien qu’il y a un petit lit à part, je n’ai plus d’autre choix que d’accepter. J’apprecie la bonne douche chaude et les frites que me ramene le type. Allonge dans mon petit lit je le surveille du coin de l’œil, il a vraiment une sale tete c’est pas croyable. J’attends qu’il ronfle pour fermer l’œil.
Il doit etre 2h du matin quand la lumiere s’allume, nous avons 1000 km à parcourir aujourd’hui. Je decouvre la vie nocturne dans le « bush », les kangourous sont de sortie et j’en vois enfin des vivants. Il faut savoir que les bas-cotes des routes dans le desert sont de veritables cimetieres pour animaux, les plus grands responsables sont sans aucun doutes les trains de la route, ces enormes camions qui tirent jusqu’à quatre remorques et mesurent plus de 50 m de long, ils sont tous equipes de pare buffles demesures et de grilles sur le pare brise. Un kangourou, meme s’il fait 2 m de haut ne fait pas le poids contre ces monstres, c’est une toute autre affaire lorsqu’il s’agit d’une voiture. On roule une heure à peine avant qu’il ne s’arrete faire une pause sur le bas-cote, dans la nuit noire, au beau milieu du desert. La fenetre ouverte j’ecoute le bush pendant que mon chauffeur ronfle à cote.
La route defile de longues heures durant, nous nous enfonçons de plus en plus profondement dans le desert, faisant halte dans les rares stations service au bord de la route où il regne une petite ambiance de Far West où bottes et chapeaux de cow-boys sont à la mode. Nous esquivons de justesse un lezard qui doit bien faire un metre de long, ils n’ont pas tous cette chance la…
D’un seul coup la voiture ralenti, mon chauffeur n’a pas l’air dans son assiette, il est tout crispe. Il est alors pris d’une sorte de crise comme s’il ne controlait plus ses mains, il est bloque avec le volant tourne vers la droite et ne peut plus rien faire, nous attrapons le bas-cote mais fort heureusement il n’y a absolument rien au bord de la route. Aussi soudainement que cela l’a pris il retrouve le contrôle de lui-meme et se replace sur la chaussee, il a l’air tres gene : « c’est la voiture, elle a des problemes » me dit-il, bah voyons j’avais bien remarque !! Je lui suggere de faire une pause tres rapidement, en esperant qu’il retouve son calme et pour me remettre de mes emotions. Autant dire que je suis un peu anxieux lorsque nous reprenons la route, il nous reste encore quelques centaines de km à faire. Je me tiens prets à saisir le volant à tous moment mais finalement il reste calme jusqu’au bout, nous arrivons à destination dans l’apres-midi. Il me depose à un backpacker, je le remercie pas fache d’etre encore entier.
Alice Spring est une ville situee au centre geographique de l’Australie juste en dessous du tropique du Capricorne, c’est en quelques sortes la capitale du desert mais malgre tout cela reste une petite ville peuplee d’à peine 25 000 habitants. D’un simple relais de telegraphe à l’origine la ville est maintenant le point de passage oblige pour les touristes, des agences touristiques ont fleuries partout dans les rues, il est donc impossible de faire quoi que ce soit sans depenser une fortune. Je ressens une certaine hypocrisie egalement vis-à-vis des aborigenes car les blancs ne se genent pas pour faire enormement d’argent sur le compte de leur art et de leur culture alors qu’il faut bien etre honnete, ici tout le monde les detestent. Je suis tout de meme content d’etre venu jusqu’ici et de voir le desert mais je dois bien avouer que ce n’est pas exactement le type d’endroit que je recherche.
Je passe la soiree avec un Nepalais et un Australien fort sympathiques puis je regagne mon dortoir pour un repos bien merite. Le lendemain matin je me leve de bonne heure car j’ai l’intention d’aller tendre le pouce à la sortie d’Alice Spring, mon prochain objectif est Adelaide. Il y a bien 10 km avant d’arriver à l’intersection avec « l’autoroute », il faut bien comprendre ici qu’il n’y a rien de comparable avec une autoroute francaise, il s’agit d’une petite route toute simple et sans aucuns amenagements qui traverse le desert en ligne droite quasi continue. Je fais plus de la moitie du chemin à pieds avant qu’une voiture ne s’arrete pour me conduire à cette fameuse intersection, me voila dans le desert à nouveau devant la pancarte Adelaide indiquant 1500 km. Les voitures sont tres rares c’est desesperant, j’attends tres longtemps avant qu’un camion ne s’arrete, il va seulement à quelques centaines de km d’ici et je n’ai aucune envie de me retrouver tout seul au milieu du desert, ici j’aurai toujours la possibilite de retourner en ville si personne ne me prend. Je le remercie donc de s’etre arrete et je continue mon attente interminable.
Cette fois-ci c’est un 4x4 conduit par deux grosses allemandes qui s’arretent, elles ne vont pas à Adelaide mais elles me proposent de venir avec elles pendant quelques jours pour aller jusqu’à Ayers Rock en passant par le pistes. Leur voiture n’a pas l’air bien terrible mais c’est l’occasion de voir le desert de l’interieur et au passage d’aller decouvrir Ayers Rock, le plus gros monolithe du monde. Nous roulons quelques km sur l’autoroute avant de se rendre compte que nous sommes deja dans la mauvaise direction, il nous faut un moment pour trouver la piste qui part en fait depuis Alice Spring.
Nous roulons à vive allure avec le gros Patrol soulevant le sable rouge du desert, notre premier objectif est Kings Canyon, à 200 km environ. Sur la route nous apercevons une pancarte indiquant un cratere de meteorite tout proche d’ici, le chemin qui y mene est tres mauvais, nous mettons le 4x4 à rude epreuve. Cependant nous ne sommes pas deçu, une fois au milieu du cratere nous sommes entoure par une muraille de roche impressionnante, nous marchons jusqu’à un point de vue d’où l’on domine l’ensemble.
Nous continuons notre route ou plutot notre piste vers Kings Canyon, les paysages sont grandioses, le bush s’etend à perte de vue. Nous voyons pas mal d’animaux : des lezards enormes, des kangourous, des chameaux ( importes pour construire la ligne de cheminde fer Nord/Sud : le Ghan, et redevenus sauvages par la suite), des vaches et des anes egalement redevenus sauvages. Nous roulons bien à 120 km/h lorsque la piste devient tout à coup completement meuble, rien dans l’aspect du sol ne laissait prevoir un tel changement. La voiture part en travers de façon impressionnante, nous sommes à deux doigts de l’accident mais la conductrice ne perd pas son sang-froid, apres avoir chasse plusieurs fois à droite et à gauche elle parvient à stabiliser le vehicule, on en sera quitte pour une bonne frayeur. Elle ne ralentit pas pour autant et nous rattrapons rapidement deux motards qui eux aussi connaissent quelques difficultes, nous roulons dans leur poussiere. Alors que nous les suivons un troupeau de chevaux sauvages vient traverser juste devant nous, l’un d’entre eux frole un motard de relativement pres. Nous les retrouvons quelques km plus loin lors d’un arret à un point de vue, ce sont deux Russes qui traversent l’Australie à moto. Nous sommes sur un hauteur d’où nous pouvons admirer le bush qui parait s’etendre à l’infini.
Les km suivants nous menent au Kings Canyon, nous lisons les instructions quant à la chaleur et la deshydratation à cote du thermometre indiquant encore 45 degres, helas, l’apres-midi touche à sa fin et nous n’aurons pas le temps de faire la marche pour admirer le canyon de l’interieur, nous voulons arriver à Ayers Rock avant la nuit. C’est sur une route goudronne que nous finissons la journee, nous avons rejoint la route principale qui mene au caillou. A la nuit tombante nous faisons halte dans une petite station service qui sert aussi de road house et de terrain de camping, on nous dit qu’une tempete est sur le point d’eclater, mieux vaut ne pas reprendre la route ce soir. Nous rejoignons quelques autres voyageurs, des allemands qui viennent tout juste de monter leur campement, notre 4x4 vient completer le demi cercle au milieu duquel nous nous installons pour manger. Le camping est gratuit, nous payons juste la douche. Les deux allemandes dorment dans leur tente et moi je passe la nuit sur la banquette arriere de la voiture.
Le soleil me reveille tot le lendemain matin, il fait deja tres chaud dans la voiture. Nous roulons alors jusqu’à Ayers Rock à une bonne heure de route d’ici. On paye nos 20 dollars pour entrer dans le parc national et rapidement nous arrivons en vue du gros rocher rouge, le plus gros du monde, lieu sacre pour le aborigenes. Nous avons de la chance car nous sommes quasiment seuls au pied du rock, nous echappons aux hordes de bus qui viennent livrer leur flot de touriste quotidien. Nous entreprenons d’en faire le tour ( en voiture car les allemandes sont plutot feignantes) en nous arretant aux lieux interessants, c’est tres joli mais il faut surement un guide pour apprecier pleinement l’endroit. L’ascension du rocher reste un sujet delicat, les aborigenes y sont evidemment totalement opposes, à noter que si un aborigene venait escalader Notre-Dame il aurait à coup sur des soucis. La voie pour acceder au sommet est de toute façon presque toujours fermee pour diverses excuses, rendant le projet difficile.
Encore une nuit passee dans la voiture. Ajourd’hui nous allons faire une petite marche dans les Olgas, une autre formation rocheuse à l’allure interessante. Les panneaux d’avertissement nous conseillent de boire un litre d’eau par heure, nous sommes 4 à faire une marche de 3 heures, il nous faudrait donc transporter 12 lires d’eau… Nous marchons tranquilement sur le sentier qui serpente entre les rochers, nous croisons un gros lezard qui prend le soleil au bord d’un ruisseau puis nous entamons une bonne montee au fond d’un canyon., nous apercevons deux kangourous qui s’enfuient à notre passage. Les paysages sont grandioses, domines largement par le rouge de la roche, nous accelerons le pas sur la fin pour boucler la boucle car nous ne voulons pas rouler de nuit.
Troisieme nuit dans la voiture, nous sommes finalement restes ces trois dernieres nuits au camping de la station service. Aujourd’hui c’est le grand depart, nous devons continuer notre route vers le Sud. Malheureusement le 4x4 ne sortira jamais de la station service, la boite de vitesse nous lache au demarrage, tous nos plans s’effondrent d’un seul coup. Les allemandes finissent par decider de rester ici et de chercher un travail dans la base touristique pres d’Ayers Rock, de mon cote je retrouve un vitrier qui remonte justement sur Alice Spring, il ne nous faut guere longtemps pour parcourir les 500 km qui nous en separrent, nous prenons l’autoroute cette fois. Retour à la case depart, j’ai donc fait plus de 1000 km pour finalement revenir au meme endroit. Je me trouve un petit backpacker pas cher pour passer la nuit où je retrouve d’ailleurs par hasard le Nepalais de la derniere fois. Je n’ai plus le courage de retenter le stop à la sortie d’Alice Spring, j’ai eu ma dose de route ces derniers temps. En fin d’apres-midi je reserve donc un billet d’avion pour Sydney le lendemain meme.

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Commentaires sur cet article
marine
et les nouvelles alors?
on s arrete la ?
j attends moi!!

 

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